Partager l'article ! Mumbai Revisited: Paradise lost Ça y est. Je suis de retour sur Mbai city. A moi la pollution, les trottoirs bondés, ...
Ça y est. Je suis de retour sur Mbai city. A moi la pollution, les trottoirs bondés, les mélanges d’odeurs de fruits, d’encens et de déchets en décomposition, à moi les concerts de klaxons, les engueulades avec les chauffeurs de taxi et la mendicité latente. It is le bordel again. Et j’adore ça. C’est vrai, je suis super content de retrouver cette animation perpétuelle, mais je dois avouer que ces premiers jours passés dans la méga-métropole m’ont quand même plongé dans une sorte de marasme pour lequel je vois différentes explications.
La fatigue du voyage de retour. J’avais programmé de prendre un train pour rentrer, malheureusement, même en m’y prenant quatre jours avant, impossible d’obtenir un billet avant une semaine. Du coup, solution de secours, le bus. Là encore c’est la merde. Je voulais rentrer lundi en journée. Impossible. J’ai du partir en urgence samedi soir pour pouvoir être sur Mumbai en début de semaine. Et vu que je quittais mon appart le 15 j’avais pas trop le choix. Mais qui dit urgence dit bus d’état – plus de 13h de trajet de nuit. Qui dit bus d’Etat dit clim au fonctionnement aléatoire, dit sièges très usés au confort relatif, dit diffusion d’un soap indien volume à fond, voix chantées suraigües et saturation en prime. Bref qui dit bus d’Etat dit « toi mon gars tu vas en chier. Attend, attend, je vais en rajouter une couche en te collant à côté du seul mec malade en bus dans toute l’Inde… »
Autre explication, la sensation de quitter un havre de paix où j’ai quand-même bien pris mon pied. Ben ouais, un mois et demi à Goa ça pose. Même si je l’avoue, quelques jours de plus sur place et je me faisais royalement chier – tout ferme hors saison touristique –, j’ai quand-même bien kiffé cette parenthèse goanaise.
Enfin, dernière explication, le flou « professionnel » dans lequel je me replonge, la pression et le stress que je me crée tout seul – comme un con. En fait je suis reparti sur Mumbai sans savoir ce que j’allais vraiment avoir à y faire. Je ne le sais pas encore tout à fait d’ailleurs. Mais c’est pas grave à bien y regarder j’ai de quoi m’occuper un bon bout de temps, même de quoi tenir jusqu’à la fin du stage. En vrac, faut que j’écrive et synthétise toutes les données que j’ai collectées depuis le début, que je fasse un tour dans deux trois bibliothèques et aux archives locales pour trouver des cartes, faut que je mette tout ça en ligne dès que les sites seront prêts, faut que je prenne du temps pour commencer mon mémoire… bref, je suis pas perdu.
Bon, histoire de me remettre dans le bain – de foule – mumbaiesque, j’ai décidé de retourner voir quelques concerts. Je pense désormais pouvoir prouver que oui, définitivement, je suis ouvert question musique. J’ai commencé par deux petits concerts au Hard Rock Café. Le premier un genre de System of a Down sauce hindi était vraiment très bon. Le deuxième était moins original, sorte de post-college-band reprenant du Iron Maiden, Metalica, Pink Floyd et Blacka Sabbath… Ils jouent bien ces indiens. Définitivement j’adore l’ambiance du Hard Rock Café à Mumbai, même si je paie ma bière quatre fois plus chère qu’à Goa – ah, paradis perdu ! – les serveurs son vraiment sympas et l’ambiance est assez marrante. En plus c’est assez drôle de voir le petit jeu des jeunes indiens qui n’ont pas tout à fait l’âge de boire de l’alcool et qui se font refouler par tous les serveurs.
Depuis que je suis de retour sur Mumbai je loge chez l’habitant, là où j’avais passé ma première semaine à mon arrivée. Mais quel rapport avec la musique me direz-vous ? Tout. Chaitanya, le proprio de l’appart a un fis, Aditya, qui s’avère être l’un des meilleurs joueur de tabla au monde – il vient même de créer sa propre école de musique à Boston. C’est également un grand fan de musique qui a une passion plutôt particulière. C’est un siffleur. En gros il fait des concerts où il siffle des airs de musique traditionnelle, pop ou encore de BO bollywoodiennes, tout ça sur une bande son de karaoké… Je sais que ça peut vous sembler très kitch. Ça l’est. Très curieux de voir ça j’ai assisté à l’un de ses « concert » hier. Bon en fait de concert je me suis retrouvé dans les locaux d’une asso genre club du troisième âge, à manger des samossas et à boire du tchae – beaucoup de lait et beaucoup de sucre pour moi, merci. L’Inde est kitch et les indiens adorent ça. L’assistance a adoré son show, et je dois dire que j’ai vraiment trouvé ça sympa aussi. Non mais sérieux il cartonne avec ce truc-la. Il fait généralement des concerts pour des assemblées de plus de 100 personnes et se produit de temps en temps sur de vraies scènes. Si j’ai bien compris il a participé à un festival au terme duquel on lui a proposé de passer dans un show TV. Il m’a expliqué qu’il avait refusé parce qu’il fallait qu’il danse en plus de siffler. Et à 61 ans – même si il en fait 40, vive le yoga et la méditation – il se voit mal faire le con devant les caméras.
Voir des concerts c’est bien, mais j’avoue que jouer de la musique et certainement l’une des choses qui me manque le plus ici. Du coup j’ai commencé à refaire des morceaux à partir de chutes d’enregistrements que j’avais sur mon PC et j’ai enregistré quelques voix avec un mauvais enregistreur dans ma chambre. Ça vient peut-être du pays mais maintenant je comprends comment les indiens arrivent à obtenir ce son si… particulier. Que tous les fans de Personal Music Shop Businness – merci papa, merci maman – se réjouissent, il va y avoir du neuf à mon retour. Autre solution pour faire un peu de musique, acheter une Sitar. J’y pense de plus en plus sérieusement et ça devrait se faire dans la semaine ou la semaine prochaine. Vu que le fils de Chaitanya est un grand musicien il connaît les bons endroits pour les instrus. Ma seule hésitation reste la question du rapatriement de l’instrument en France. Je ne peux pas l’emmener avec moi pour le trek au Népal en Août. Du coup Marie et Jeanne j’aurais peut-être un service à vous demander… Mais bon, je vais d’abord me renseigner auprès d’UPS.
Voilà, voilà. Je l’ai pas encore fait mais je veux remercier tous ceux qui m’envoient des messages sur le blog ou par mail. Ça fait super plaisir d’avoir des nouvelles, vraiment. Comme je l’ai déjà écrit à certains c’est pas parce que votre vie sent moins le curry qu’elle ne m’intéresse pas. En plus je me sens un peu moins égo-centré à raconter ma vie en permanence sur ce blog.
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