Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /Juin /2009 09:01

Paradise lost

 

Ça y est. Je suis de retour sur Mbai city. A moi la pollution, les trottoirs bondés, les mélanges d’odeurs de fruits, d’encens et de déchets en décomposition, à moi les concerts de klaxons, les engueulades avec les chauffeurs de taxi et la mendicité latente. It is le bordel again. Et j’adore ça. C’est vrai, je suis super content de retrouver cette animation perpétuelle, mais je dois avouer que ces premiers jours passés dans la méga-métropole m’ont quand même plongé dans une sorte de marasme pour lequel je vois différentes explications.

La fatigue du voyage de retour. J’avais programmé de prendre un train pour rentrer, malheureusement, même en m’y prenant quatre jours avant, impossible d’obtenir un billet avant une semaine. Du coup, solution de secours, le bus. Là encore c’est la merde. Je voulais rentrer lundi en journée. Impossible. J’ai du partir en urgence samedi soir pour pouvoir être sur Mumbai en début de semaine. Et vu que je quittais mon appart le 15 j’avais pas trop le choix. Mais qui dit urgence dit bus d’état – plus de 13h de trajet de nuit. Qui dit bus d’Etat dit clim au fonctionnement aléatoire, dit sièges très usés au confort relatif, dit diffusion d’un soap indien volume à fond, voix chantées suraigües et saturation en prime. Bref qui dit bus d’Etat dit « toi mon gars tu vas en chier. Attend, attend, je vais en rajouter une couche en te collant à côté du seul mec malade en bus dans toute l’Inde… »

Autre explication, la sensation de quitter un havre de paix où j’ai quand-même bien pris mon pied. Ben ouais, un mois et demi à Goa ça pose. Même si je l’avoue, quelques jours de plus sur place et je me faisais royalement chier – tout ferme hors saison touristique –, j’ai quand-même bien kiffé cette parenthèse goanaise.

Enfin, dernière explication, le flou « professionnel » dans lequel je me replonge, la pression et le stress que je me crée tout seul – comme un con. En fait je suis reparti sur Mumbai sans savoir ce que j’allais vraiment avoir à y faire. Je ne le sais pas encore tout à fait d’ailleurs. Mais c’est pas grave à bien y regarder j’ai de quoi m’occuper un bon bout de temps, même de quoi tenir jusqu’à la fin du stage. En vrac, faut que j’écrive et synthétise toutes les données que j’ai collectées depuis le début, que je fasse un tour dans deux trois bibliothèques et aux archives locales pour trouver des cartes, faut que je mette tout ça en ligne dès que les sites seront prêts, faut que je prenne du temps pour commencer mon mémoire… bref, je suis pas perdu.

 

Heavy metal pour les vieux

 

Bon, histoire de me remettre dans le bain – de foule – mumbaiesque, j’ai décidé de retourner voir quelques concerts. Je pense désormais pouvoir prouver que oui, définitivement, je suis ouvert question musique. J’ai commencé par deux petits concerts au Hard Rock Café. Le premier un genre de System of a Down sauce hindi était vraiment très bon. Le deuxième était moins original, sorte de post-college-band reprenant du Iron Maiden, Metalica, Pink Floyd et Blacka Sabbath… Ils jouent bien ces indiens. Définitivement j’adore l’ambiance du Hard Rock Café à Mumbai, même si je paie ma bière quatre fois plus chère qu’à Goa – ah, paradis perdu ! – les serveurs son vraiment sympas et l’ambiance est assez marrante. En plus c’est assez drôle de voir le petit jeu des jeunes indiens qui n’ont pas tout à fait l’âge de boire de l’alcool et qui se font refouler par tous les serveurs.

Depuis que je suis de retour sur Mumbai je loge chez l’habitant, là où j’avais passé ma première semaine à mon arrivée. Mais quel rapport avec la musique me direz-vous ? Tout. Chaitanya, le proprio de l’appart a un fis, Aditya, qui s’avère être l’un des meilleurs joueur de tabla au monde – il vient même de créer sa propre école de musique à Boston. C’est également un grand fan de musique qui a une passion plutôt particulière. C’est un siffleur. En gros il fait des concerts où il siffle des airs de musique traditionnelle, pop ou encore de BO bollywoodiennes, tout ça sur une bande son de karaoké… Je sais que ça peut vous sembler très kitch. Ça l’est. Très curieux de voir ça j’ai assisté à l’un de ses « concert » hier. Bon en fait de concert je me suis retrouvé dans les locaux d’une asso genre club du troisième âge, à manger des samossas et à boire du tchae – beaucoup de lait et beaucoup de sucre pour moi, merci. L’Inde est kitch et les indiens adorent ça. L’assistance a adoré son show, et je dois dire que j’ai vraiment trouvé ça sympa aussi. Non mais sérieux il cartonne avec ce truc-la. Il fait généralement des concerts pour des assemblées de plus de 100 personnes et se produit de temps en temps sur de vraies scènes. Si j’ai bien compris il a participé à un festival au terme duquel on lui a proposé de passer dans un show TV. Il m’a expliqué qu’il avait refusé parce qu’il fallait qu’il danse en plus de siffler. Et à 61 ans – même si il en fait 40, vive le yoga et la méditation – il se voit mal faire le con devant les caméras.

 

Voir des concerts c’est bien, mais j’avoue que jouer de la musique et certainement l’une des choses qui me manque le plus ici. Du coup j’ai commencé à refaire des morceaux à partir de chutes d’enregistrements que j’avais sur mon PC et j’ai enregistré quelques voix avec un mauvais enregistreur dans ma chambre. Ça vient peut-être du pays mais maintenant je comprends comment les indiens arrivent à obtenir ce son si… particulier. Que tous les fans de Personal Music Shop Businness – merci papa, merci maman – se réjouissent, il va y avoir du neuf à mon retour. Autre solution pour faire un  peu de musique, acheter une Sitar. J’y pense de plus en plus sérieusement et ça devrait se faire dans la semaine ou la semaine prochaine. Vu que le fils de Chaitanya est un grand musicien il connaît les bons endroits pour les instrus. Ma seule hésitation reste la question du rapatriement de l’instrument en France. Je ne peux pas l’emmener avec moi pour le trek au Népal en Août. Du coup Marie et Jeanne j’aurais peut-être un service à vous demander… Mais bon, je vais d’abord me renseigner auprès d’UPS.

 

Voilà, voilà. Je l’ai pas encore fait mais je veux remercier tous ceux qui m’envoient des messages sur le blog ou par mail. Ça fait super plaisir d’avoir des nouvelles, vraiment. Comme je l’ai déjà écrit à certains c’est pas parce que votre vie sent moins le curry qu’elle ne m’intéresse pas. En plus je me sens un peu moins égo-centré à raconter ma vie en permanence sur ce blog.

Par Clubin
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 15:22


100%

 

Ça va nettement mieux. J’avoue qu’hier je flippais un peu. Vraiment malade et ne sachant pas trop ce que j’avais, je me voyais déjà ne plus pouvoir supporter les gens, la bouffe, la chaleur et la moiteur extérieure pendant un bon moment. Le problème ici n’est pas tant la maladie que le monde extérieur qui devient rapidement intolérable, marcher 3 mètres dans la rue ou prendre un bus plein à craquer devient une épreuve horrible. Mais c’est bon, je suis revenu à 100% de mes capacités et de mon moral. Et je pense savoir comment j’ai choppé cette merde.

Ça fait longtemps que j’ai pas écrit, je vais donc essayer de faire un résumé rapide des épisodes précédents. Depuis le mariage, j’ai beaucoup bossé. J’ai cru que j’allais crever de chaud à marcher dans Fontainhas – mon terrain d’études. J’ai vu Astérix et les Vikings.  Je me suis levé pour l’hymne national indien dans une salle de ciné, devant une image de synthèse du drapeau, avant que le film ne commence. J’ai eu le droit à ma première grosse averse de nuit rendant la journée suivante supportable et pleine de l’odeur incroyable de la terre et de la végétation surchauffées. Puis j’ai vu progressivement la mousson s’installer en priant pour qu’elle accorde quelques jours de beau temps pour la venue de ma mère et de Thierry.

Voilà, je peux difficilement faire plus court, et je pense que la suite devrait contenter les amateurs d’exotisme.

 

Motocycle Pépette !

 

Ma mère et Thierry sont arrivés à Goa le 3 juin. Bon ça c’est pas très exotique, quoi que… c’est certainement une question de point de vue. En effet, tout le temps qu’ils ont été en Inde on n’a pas cessé de se faire arrêter dans la rue pour se faire prendre en photo. On fait désormais partie des albums photos d’une bonne dizaine de familles indiennes. Faut croire qu’on doit être typique !

J’appréhendais un peu leur venue, l’Inde n’étant pas forcément un pays facile à aborder, surtout sur une courte période de dix jours. Du coup j’ai opté pour l’immersion directe et rapide. Récupération des colis à l’aéroport à 35km de Panaji, trajet en taxi, douche de décrassage, matinée de programmation des grandes lignes du séjour, coup de fil pour louer une moto, service express à domicile. Let’s rock !

La moto reste définitivement le meilleur moyen pour découvrir Goa. Thierry sait déjà conduire une moto ce qui n’empêche pas ma mère de serrer les fesses les premières heures, au point de se bloquer le dos. Mais faut dire que la confiance dans le chauffeur ne fait pas tout. J’ai déjà parlé de la conduite et des routes indiennes, je pense qu’ils ont bien compris que je n’avais absolument pas exagéré. Le deuxième jour je les accompagne pour une grande balade sur les routes goanaises, direction les plages du nord. Je suis soulagé, ils semblent apprécier autant que moi se balader sur les petites routes et traverser des villages biens typiques. La chaleur leur est supportable et la nourriture passe très bien quand elle n’est pas trop épicée… autant dire que tout est réuni pour passer un bon séjour ici. Mais ça faudra leur demander.

Apocalypse Now

 

Quand je parle de Goa je fais toujours référence aux plages – qui d’ailleurs ne sont plus très propres depuis la fin de la saison touristique – mais la région est également traversée par un réseau important de rivières servant au transport de marchandises et à s’enfoncer dans l’arrière pays sans avoir à prendre la route. Histoire de voir des trucs un peu différents on décide de prendre un bateau pour remonter la rivière Mandovi en direction d’une plantation d’épice. C’est tout simplement génial. Pour bien s’imaginer le décors – et même si c’est pas le même pays – suffit de se rappeler de certaines scènes de Platoon ou d’Apocalypse Now, le napalm en moins. Le bateau sur lequel on navigue est un voyage en soi. Rempli de touristes locaux, il diffuse de la musique indienne sur une sono tellement usée qu’elle crache un son saturé et aigüe rajoutant au côté kitch de l’ensemble. Le temps alternant entre la brève éclaircie et la petite averse pose une ambiance particulière et souligne les paysages. Même si le bateau dans lequel on se trouve est sensé être touristique l’arrivée se fait sur une berge en terre avec un ponton en bois branlant et trop bas, ce qui les oblige à y installer une chaise de jardin pour permettre aux gens de descendre… Reste à traverser des champs et un terrain de sport avant de pouvoir rejoindre un taxi pour aller jusqu’à la plantation d’épices. La visite est plutôt sympa, très visuelle et olfactive, et surtout agrémentée d’un énorme gueuleton bien local.

  Mousson

 

Ça y est ! Elle est là. La mousson. Et on se la prend en pleine gueule. Evidement au moment où la première grosse pluie s’est abattue sur Panaji on été à moto, je vous laisse imaginer l’état de l’équipée. Plus un seul micromètre de tissu sec. En essorant mon caleçon il y avait de quoi alimenter une usine hydraulique pendant une semaine. Mais faut pas croire, moi je trouve ça génial – pour l’instant. C’est vraiment impressionnant à voir et ça donne une ambiance particulière au pays. Le vent souffle dans les branches des arbres ruisselants, un rideau de gouttes d’eau s’abat sans discontinuer donnant aux rues de nouvelles perspectives. La vie et la ville changent totalement.

Un matin où le ciel semblait relativement clément, Thierry et ma mère ont tenté une sortie à moto pendant que je restais à bosser à l’appart. Il n’a pas fallu 10 minutes avant que la pluie ne commence à tomber et 1 minute de plus pour recevoir un coup de fil : « On est complètement trempé, on rentre se changer. » Du coup modification du plan, dans l’aprèm on prend la direction du marché de Panaji, en bus. En route l’investissement dans des bonnes capes de pluie s’impose.

En l’espace de quelques heures certaines rues de la ville se sont transformées en véritables rivières. Ma mère, au départ réticente à l’idée de marcher dans les flaques, s’est vite résignée à y plonger les jambes jusqu’au haut de la cheville. Le problème avec la pluie c’est qu’elle empêche de voir les énormes trous des routes, Thierry en a fait les frais s’enfonçant dans l’eau jusqu’aux genoux. Histoire de bien compléter le tableau de la vie quotidienne locale, en rentrant, on a eu la bonne surprise de trouver l’appart plongé dans le noir le plus complet. Eh ouais, niveau électricité l’Inde c’est pas encore ça ! Je crois que ça a fait beaucoup d’un seul coup pour ma mère. Elle vous dira que non, mais eh, je la connais comme si elle m’avait fait. En plus le retour de son sourire en même temps que celui de la lumière l’a bien trahie.

Mais sérieusement, c’est vraiment marrant à voir et à vivre tout ça. D’autant plus qu’on est encore qu’en période de pré-mousson, du coup on a quand-même eu de belles journées.

 

Slow Train

 

Ceux qui me connaissent bien savent à quel point j’adore les longs voyages en train depuis mon trip russo-mongolo-chinois d’il y a deux ans. Imaginez à quel point j’étais heureux de reprendre ce mode de transport cette semaine. Histoire de leur montrer un peu plus ce qu’est l’Inde – Goa restant relativement différente du reste du pays – on est parti deux jours pour Hampi, à 400km à l’intérieur du pays. Evidement cela suppose un passage de guichets en guichets à la gare et une période d’adaptation et de compréhension du système propre au pays. Bref, finalement sans « trop » de complications on réussi à obtenir un billet pour y aller, mais pas de train pour le retour. Pas grave, on verra sur place pour reprendre un bus de nuit pour rentrer.

Kiffe, kiffe, kiffe, kiffe, kiffe, kiffe, kiffe C’est le seul bruit que j’entends quand je suis dans un train dans ce genre de pays. Le trajet est assez court, seulement 9h, mais permet de s’imprégner de l’ambiance, de causer avec deux trois personnes, de profiter des paysages… heureux je vous dis. Ma mère et Thierry apprécient autant que moi. Les transports ici ne sont pas seulement des temps de transitions obligés mais font partie intégrante de la découverte du pays.




Hampi, village de 2000 habitants au milieu de 35 km2 de temples, de bananeraies, de paysages rocheux improbables, de rivières magnifiques. C’est bien simple, à peine arrivé dans le village on en prend plein la gueule avec l’immense temple qui le domine. Après une première balade au milieu des ruines les plus proches on se prend une chambre dans une Guest House et un repas sur le toit terrasse avec une vue inimaginable. Le lendemain matin, on décide de se lever tôt pour assister au bain des éléphants, et là… en arrivant légèrement en surplomb de la rivière on hallucine totalement. Dans une lumière rasante qui se reflète sur l’eau plusieurs dizaines d’habitants du village se lavent, nettoient leur linge, discutent dans la rivière au côté de l’éléphant. Sans être dans la vallée du Gange on a un aperçu magnifique de ce que cela doit être. On reste une heure à observer la scène.

Pour pouvoir visiter le maximum de temples on décide de louer un rickshaw – sorte de pousse-pousse motorisé – à la journée, ce qui me vaudra une bonne engueulade avec le mec qui a essayé de nous entuber. On se balade de site en site, on a l’impression d’être dans un Indiana Jones. Des piliers qui trempent dans l’eau, des antichambres sombres pleines de chauves-souris, des façades de détails sculptés, des singes se baladant librement sur les temples… y a tant à dire et cela me semble tellement impossible à décrire que je préfère laisser parler les photos.

 



Goodbye

 

Comme il faut bien rentrer un jour on décide de partir pour Goa après quelques négociations rondement menées dans les magasins. Mais, souvenez-vous, nous n’avons pas de mode de transport pour le retour. Pas de train le lundi soir, quelques bus locaux pas terribles, on opte pour la solution taxi – que j’avais commencé à négocier la veille et qui est abusivement pas cher. 9h de trajets à slalomer entre les bus et les camions sur des routes chaotiques, là encore une expérience à vivre. Pour manger, malgré ma consigne de nous arrêter dans un resto pas trop pourri, notre chauffeur nous conduit dans un pauvre bouiboui vraiment crasseux. Je pense que c’est là que j’ai choppé le truc qui m’a vraiment foutu de travers hier.

Ça ne m’a pris que le lendemain dans la nuit qui s’est révélée blanche pour moi – et un peu mouchetée pour les toilettes. Ce qui m’a fait un peu peur c’est que ça ne semblait pas être une banale turista – comme pour Thierry et maman – mais une vraie fatigue physique. Les muscles endoloris, chaque mouvement était une épreuve. Du coup j’ai opté pour l’automédication « pain Nutella » et lit toute la journée. Et putain, ça fait du bien de manger de la bouffe rassurante. Non mais c’est vrai depuis que je suis ici je me prends plein d’épices dans le gossier, c’est normal qu’au bout d’un moment, à la première merde un peu coriace qui passe, mon corps me dise : « Bon là t’es gentil garçon, mais tu m’as pas vraiment habitué à ça. »

Voilà, j’ai redéposé deux colis heureux de leur voyage à l’aéroport ce midi. Je me retrouve à nouveau « seul ». Je devais normalement passer trois jours pour le boulot à Kholapur en fin de semaine avant de retourner sur Mumbai, mais finalement ça ne se fait pas. Du coup je vais encore profiter quelques jours de Goa, terminer quelques trucs qu’il me reste à faire ici, refaire mon sac, reprendre le train et retourner à Mumbai dimanche ou lundi. J’ai hâte !

Après déjà près de deux mois et demi en Inde je me dis que ça passe vraiment super vite. Je sens que mon dernier mois et demi de stage va filler sans que je m’en rende compte et que le séjour en Inde du Nord et au Népal est proche. Je vous attends avec impatience les amis, vous allez kiffer !


Par Clubin
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 14:22
Yo tous,

Desole de pas donner de news depuis un moment. Pleins de trucs a raconter. Pleins de photos vraiment enormes. Mais je suis un peu malade depuis cette nuit et j'ai pas reussi a finir d'ecrire... si ca va mieux je met ca demain ou apres demain.

Biz,

Guillaume
Par Clubin
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 11:48



Mariage

 

A la lecture de se titre énigmatique j’imagine la sueur perler sur les fronts de mes admiratrices secrètes, les larmes couler sur des joues soulignées par des mines déconfites et torturées par des cris de douleur – ben quoi, on peut toujours rêver non ? Rassurez-vous. Vos mains peuvent cesser de trembler et vos yeux poursuivre leur lecture. Non ce n’est pas de moi dont il s’agit et non je n’ai pas trouvé l’âme sœur.

Pour la troisième fois en un peu plus de deux ans je me retrouve témoin à un mariage. Disons pour être plus précis que mon stage et mon intégration au sein de la structure URBZ ont été poussés un peu plus loin que ce qui était attendu dans le cadre de ma convention. Et je m’en félicite. Lundi dernier donc, c’était le mariage de Matias – un des fondateur de URBZ – et de Céline, tous deux ressortissants suisses vivant en Inde. Rappelez-vous c’est chez eux que j’ai squatté lors de mon premier mois passé a Khotachiwadi. Enfin bref, se marier en Inde pour deux étrangers semble relativement compliqué. Impossible à Mumbai, Goa offre plus de facilités. Il faut quatre témoins, deux indiens et deux étrangers pouvant attester de leur légitimité à vivre ensemble. Moi, j’étais déjà sur place à Goa. Avant le mariage j’ai dû remplir un petit formulaire expliquant depuis combien de temps je les connaissais – 6 mois en prenant en compte nos premiers échanges de mails. Sur le papier tout va bien, tout est clair. Mais c’était sans compter sur le fonctionnement particulier et caractéristique de l’Inde.

Rendez-vous 11h devant le tribunal de Mapusa, à environ une demi-heure de moto de Panaji. Rahul et Lucano sont les deux témoins indiens, Isa, la femme de Lucano, est le deuxième témoin étranger – elle est mexicaine. Comme moi ils ont dû remplir une petite fiche expliquant comment ils se connaissent. Arrive un mec dont je n’ai pas retenu le nom et dont je ne suis pas vraiment certain d’avoir compris le travail. Mais en gros il sert d’intermédiaire et d’organisateur pour ce type de mariage. Il est chargé de trouver l’avocat et d’aider à constituer le dossier.


Arrive l’avocat. Personnification même des travers du système indien. Toutes nos déclarations, sincères et normalement suffisantes pour le bon déroulement des opérations, se sont transformées en l’espace d’une minute en un gigantesque ramassis de mensonges. Il nous tend les déclarations officielles que l’on devra signer dans quelques instants. Mon amitié avec Matias remonte désormais à dix ans, nos deux familles se connaissant depuis longtemps – je suis français donc quoi de plus logique que d’être ami avec un suisse, remercions les mystères de la géographie approximative. Pour les autres témoins c’est pas mieux, tous se sont vu rajouter quelques années de fréquentations, en des lieux et pour des raisons divers et variés.


Mais comment lui en vouloir à ce pauvre avocat ? Le système est tellement pourri que les indiens semblent avoir développé une propension à l’exagération, la falsification, la truanderie des faits pour être certains que ça passe aux yeux d’une administration avide de bakchichs.


On monte finalement au premier étage d’un immeuble totalement délavé par les moussons à répétition. Au cas où on n’aurait pas compris où on se trouve les barreaux des fenêtres forment des balances de la justice, allusion subtile à l’équilibre et à la droiture du système. Les démarches devaient se dérouler sur deux jours et je me demande bien pourquoi, ça nous à pris seulement 1h30. Vu que c’est une période de vacances ici, et qu’il y a moins de monde, l’avocat a réussi à négocier pour que tout soit fait dans la journée.


Quand vient mon tour d’entrer dans le bureau du juge j’appréhende quand-même un peu qu’il ne me pose des questions trop précises. En fait, que dalle. Je dis que c’est bien ma déclaration, je signe et je m’en vais. C’est finalement assez simple de commettre un parjure ici. Ils s’en foutent totalement.

Mais c’est pas grave tout ça, l’essentiel c’est que Matias et Céline aient eu l’autorisation de se marier. Ben oui, tout ce bordel administratif n’est qu’une première étape, le mariage n’ayant été officialisé qu’après signature à la mairie jeudi. 


Cette journée s’est terminée comme il se doit. Quelques verres de Fenny le midi et un après-midi passe a l'ombre des bateaux sur la plage jusqu’au coucher du soleil.


Ouais je sais, cette petite histoire ne va pas contribuer à vous enlever l’idée que je suis un horrible branleur et que ce stage à des allures de vacances. Ben désolé, je fait parti de ceux qui pensent qu’on peut faire du bon boulot dans une ambiance détendue et qu’il n’y a pas besoin d’avoir l’air sérieux pour l’être réellement.

Par Clubin
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 09:59
Par Clubin
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